dimanche 31 décembre 2017

La bible, c'est pas ça.

Acquérir un savoir et non pas une croyance.
J'entends souvent des athées parler de la bible, de foi, de croyance, de religion, et dans la plupart des cas je constate le manque de connaissance et de compréhension de ces sujets, les images erronées qu'ils véhiculent, les convictions trompeuses. Cela n'étant pas une question de croyance ni de foi mais de culture générale, d'instruction et d'éducation. J'aimerais courtement présenter ce qu'est la bible et ce qu'elle n'est pas, l'étudiant sérieusement depuis plus de trente ans, je suis un peu au courant. Il y a quelque années, j'avais écrit une page de présentation de ce sujet à un ami athée qui m'a alors dit : "Ah, je ne savais pas que c'était ça." Connaître le contenu d'un écrit n'est pas une question de croyance, ni de foi, ni de religion pas plus que de connaitre comment fonctionne le système solaire n'en est une. Connaitre ce qu'est la bible et de quoi elle parle permet d'être élagué d'erreurs et de posséder un savoir plus juste, ce qui permet une meilleure compréhension de l'autre et un dialogue plus sain, plus éclairé, plus intelligent. Bien souvent, les athées disent alors : "Ouais, mais ça ne m'intéresse pas." Je conçois parfaitement qu'un sujet n'intéresse pas quelqu'un mais alors pourquoi d'abord en parler ou vouloir l'attaquer ? Si on mentionne un sujet mieux vaut le connaître, au moins un peu, sinon l'on risque de faire quelques erreurs et si on veut l'attaquer, mieux vaut le connaître bien. Qu'est-ce donc que la bible et qu'est-ce qu'elle n'est pas ? 

La bible n'est pas un livre.
D'abord, ce n'est pas un livre. Ce n'est pas un livre, c'est une bibliothèque, d'où le terme "Bible" qui rappelle le terme "Bibliothèque". C'est une bibliothèque parce qu'elle contient soixante six livres, des textes rassemblés, certains longs, d'autres très courts, écrits par des auteurs différents, ayant vécus à des époques différentes et étant de classes sociales différentes. Il ne s'agit pas de la pensée d'un auteur ni d'une seule époque mais on y trouve des contextes divers. Certains des écrivains de cette bibliothèque étaient des rois d'autres étaient des pêcheurs de métier, certains étaient pauvres d'autres étaient riches. La diversité, c'est là une des richesses de ces textes. 

On trouve dans cette bibliothèque une autre diversité, de type littéraire, différentes sortes d'écrits : certains sont des proverbes, d'autres des poésies, d'autres des récits historiques, d'autres des métaphores, d'autres des enseignements clairs et directs, d'autres des prophéties imagées. C'est là une autre de ses richesses. Ces différents textes sont à comprendre chacun dans leur propre contexte, social, historique, culturel et littéraire, en comprenant le sens des termes, en en faisant une traduction juste, ce qui n'est hélas pas toujours le cas dans les versions françaises même si elles ne sont pas fausses dans leur ensemble pour autant. 

Cette bibliothèque est constituée de deux grandes sections qu'on appelle couramment, et à tort, "l'ancien testament" et "le nouveau testament". En réalité, ces textes n'ont rien à voir avec un testament au sens courant. Ces termes viennent du latin (Novum Testamentum) et signifient "nouvelle alliance" et "ancienne alliance" - alliance étant à comprendre comme dans le mariage de deux personnes qui s'aiment. Cela parle du créateur et de l'humanité. Mais aucun des textes n'a été écrit en latin, ils ont tous été écrit des siècles avant le catholicisme, en trois langues : l'hébreu, l'araméen et le grec, les langues de l'époque dans cette partie du monde. L'égyptien a aussi, semble-t-il, été une influence.

Ces 66 livres ont été écrits sur plusieurs siècles, sur un millénaire ou un peu plus. La section la plus récente, le nouveau testament, date d'il y a 2000 ans, approximativement, et a été écrite en grec mais par des hébreux et non des grecs, des judéens et des galiléens dont la langue maternelle n'était pas le grec mais l'araméen, langue proche de l'hébreu. C'est un point important parce que la philosophie et la métaphysique enseignée dans ces textes ne relève pas de la pensée et de la philosophie grecque mais d'une pensée hébraïque, tout comme dans la première section de la bible. La différence de conception de l'Homme et du monde entre la pensée grecque et hébraïque est fondamentale. L'autre section, l'ancien testament, qui est la plus grosse en terme de pages est aussi la plus ancienne. Elle a été écrite en hébreu sur plusieurs siècles, il y a... entre 3500 et 2500 ans. Je vous donne une fourchette indicative et je vous laisse faire des recherches pour plus de précisions si cela vous intéresse. 

La bible n'est pas un livre de religion.
Ces textes ne parlent pas de religion mais de vie, de mort et du sens de l'existence. Je prends deux exemples proches : Dans l'ancien testament il est écrit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Dans le Nouveau testament : "Aimez vos ennemis." Ce ne sont pas là des concepts religieux. Il y a bien sur d'autres choses dans les messages de la bible, beaucoup de choses. Elle parle des relations humaines, de faits historiques, de notre raison d'être, de la prochaine étape de l'évolution, de la nature de l'être humain, on en tire des principes philosophiques, des fonctionnements psychologiques, une vie spirituelle, des équilibres alimentaires, des proverbes de sagesse et des principes de vie (comme "Ce qu'un homme aura semé, il le récoltera aussi."), du sens du bien et du mal, du sens de la mort, de ce qu'est la vie, de l'origine de l'univers, de ce que signifie le terme "Dieu". Dans le Psaume 23 par exemple, Dieu est présenté comme un berger aimant, qui prend soin et protège avec affection et non pas comme un vieux barbu sur un nuage ni comme un père fouettard qui puni. Ce sont les religions qui nous donnent une fausse image de Dieu et non pas Dieu lui-même quand il se présente à nous. 

La bible n'est pas un livre catholique ni protestant.
Les textes de cette bibliothèque hébraïque ne sont pas des textes catholiques ni protestants. A l'époque où ils ont été écrits, le catholicisme n'existait pas, le protestantisme n'existait pas. Ils sont apparu des siècles plus tard pour le catholicisme et environ 1000 ans plus tard pour le protestantisme. La bible, ce sont uniquement des textes juifs écrits dans le contexte du judaisme pas des pratiquants de la torah juive. La bible ne parle pas de pape, ni de vatican, ni de prêtres célibataires, ni de moines, ni de prière à Marie, ni de baptiser des enfants, etc... toutes ces choses n'existent pas dans la bible. le terme "ekklesia" qui a été hélas transcrit en français par "église" ne signifie pas "église" mais "communauté". Une communauté humaine. Il ne s'agit ni d'un bâtiment ni d'un lieu de culte. Dans la bible aucun lieu n'est appelé église, aucun bâtiment n'est une église. Ces notions ont été ajouté au cours de l'histoire, progressivement, bien après l'écriture des textes, et sont plutôt fondées sur les habitudes des polythéistes qui allaient dans leur temple dans l'antiquité. Aller à la messe, aller au culte, invoquer des saints, c'est un reste de polythéisme. Le nouveau testament ne parle pas de catholicisme, ni de protestantisme mais du "mashiah d'Israël" - le terme hébreu "mashiah" signifie "le oint", comme on oignait les rois dans l'antiquité - et a été traduit en grec par "christos" qui a donné la transcription "christ" en français d'où est issu le terme "christianisme". Ces textes juifs de l'antiquité sont justes, intelligents, inspirés, éclairants, riches, sages, instruisants sur le sens de notre existence, ils ont peu de choses à voir avec la religion, ils parlent de vie et du sens de la vie, ce qui nous concerne tous. Le catholicisme est une forme récente de paganisme ancien. Le protestantisme et les groupes évangéliques également parce qu'ils sont tous historiquement issu du catholicisme. La célèbre Réforme protestante de Martin Luther, Calvin, Zwingli, Farel, n'ayant réformé que certains éléments mais non pas toutes les erreurs accumulées au cours des strates de l'histoire. Certains travaillent aujourd'hui à corriger ce qui reste encore à corriger.

Ce qui s'est passé au cours de l'histoire, au cours des siècles, c'est une mauvaise interprétation du sens des textes hébreux de cette époque, longtemps après qu'ils aient été écrits. De mauvaises interprétations à partir du moment où on a perdu le sens hébraïque des textes et où on a cherché à les comprendre en les mélangeant avec des concepts grecs, à partir d'un arrière plan philosophique et culturel d'où étaient issu les fondateurs du catholicisme. On a mélangé des concepts grecs qui n'existent pas dans la bible avec des termes du nouveau testament. On a mélangé des notions et des pratiques éloignées du message premier, message qu'on peut toutefois toujours lire aujourd'hui.

Les évangiles sont des textes historiques.
J'ai expliqué plus haut que la bible était constituée de textes anciens ayant différentes formes littéraires dont des textes historiques. Dans l'ancien testament, il y a beaucoup de textes historiques qui relatent l'histoire d'Israël et qui sont confirmés par les découvertes archéologiques des XIXe et XXe siècles. Dans le nouveau testament, il y a 5 textes historiques : 4 évangiles et le livre des Actes des apôtres qui leur font suite. Les évangiles sont des textes historiques se situant en Israël et contenant les enseignements de Jésus - qui en réalité ne s'appelait pas "Jésus" mais "Ieshoua". Il était hébreu, né d'hébreu, de la tribu de David, né à Nazareth, il a grandi en Galilée et il est mort en Judée, crucifié à Jérusalem. Il est réssuscité là. Le terme "Palestine" (issu de "Philistin") n'existait pas à l'époque, il a été donné à cette terre par les romains après qu'ils aient massacré un million de juifs environ et détruit leur temple à Jérusalem (ville dont ils ont également changé le nom à cette époque).
Il y a trois choses dans les 4 évangiles du nouveau testament : l'histoire, les enseignements de Ieschoua (Jésus) et ses miracles qui sont un message profond et spirituel. On entend souvent dire que les évangiles sont des mythes ou des sortes de jolis contes, mais les mythes et les contes n'ont pas de contextes historiques tels qu'en ont les évangiles. L'historienne juive Jacqueline Guénot-Bismuth a brillamment mis en lumière la précision historique de ces récits, leur contexte réel. De son côté, le théologien Claude Tresmontant a fait un travail remarquable démontrant qu'il était impossible que les évangiles aient été écrit 100 ans après les faits racontés comme on l'entend parfois. Ils n'auraient pas pu alors contenir les précisions qu'ils contiennent, le temple ayant été détruit 40 ans après (environ). Ce sont des écrits historiques à l'enseignement riche et profond ayant beaucoup de sens pour nos vies.

Conclusion
Les athées ne veulent plus de religion et ils ont bien raison. Les chrétiens n'en veulent pas n'ont plus malgré qu'ils soient pour beaucoup encore empêtrés dans des concepts et des pratiques issus de religions historiques et non pas de la bible ni des enseignements de Ieschoua (Jésus). La croyance n'a pas d'intérêt, c'est la connaissance du réel qui compte, la vie. Croire que Dieu n'existe pas ne sert à rien, croire en Dieu ne sert pas davantage. Le connaitre, c'est autre chose. C'est de cela que parle la bibliothèque hébraïque qu'on nomme "la bible".

Quelques livres en relation avec le sujet : 
L'histoire de l'univers et le sens de la création de Claude Tresmontant.
La subversion du christianisme de Jacque Ellul.
Le christiansime paganisé de Frank Viola.
Un homme nommé salut de Jacqueline Guénot-Bismuth.
A la recherche du réel de Bernard d'Espagnat.
Le christ hébreux de Claude Tresmontant.
La vie chrétienne normale de Watchman Nee.



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