J'ai lu deux fois ce livre de Julien Rochedy de Noël 2025 à Noël 2026. Le sous-titre de l'ouvrage m'a paru très pertinent : "Valeur et destin de l'homme". La question est essentielle, quelle est la valeur de l'homme ? Et en fonction de quoi cette valeur pourrait-elle se définir ? Du comportement de chacun ou du potentiel extraordinaire de développement de la nature humaine ? D'une perspective passagère ou d'un aboutissement éternel ?
Ce livre riche de réflexions m'a passionné par les échos ou contre-points que j'y voyais avec les enseignements du Nouveau Testament, particulièrement les propos de l'apôtre Paul sur le destin de l'homme ("adam" en hébreu). La valeur de l'être humain est immense mais tous les comportements ne se valent pas. Toutes les idées, tous les systèmes, toutes les idéologies ne se valent pas. Il y a celles qui élèvent et celles qui abaissent, celles qui libèrent et celles qui restreignent, celles qui nourrissent et celles qui affament, celles qui construisent et celles qui détruisent. Il y a l'aristocratie dont parle bien Julien Rochedy dans ce livre et la barbarie dont nous connaissons trop d'exemples.
Mais, qui élèvent quoi au juste ? Ou qui étouffent quoi ? L'homme, d'accord, mais qu'est-ce que l'homme ? L'homo-sapiens. On peut se demander, l'homo-sapiens est-il bien l'homme ou seulement ses prémices ? Est-il l'homme abouti ou l'embryon de l'homme ? Et si l'homo-sapiens tel qu'on le connaît - avec les droits de l'homme dans une main et la bombe atomique dans l'autre, avec ses bonnes intentions, son orgueil et ses bottes dans le sang - était à l'humanité ce que le foetus dans le ventre d'une mère est par rapport à l'homme d'âge adulte dans une pleine maturité, une pleine sagesse, une pleine capacité d'intelligence et d'action ?
L'apôtre Paul (Schaoul de Tarse dit Paulus), dans ses lettres contenues dans le Nouveau Testament, parle du premier-homme (le premier adam) et du second-homme (le second adam). Le premier-homme, c'est nous, l'homo-sapiens. Le second, c'est ce que nous sommes appelé à être, ce que chacun peut devenir : l'homme uni à Dieu par l'esprit (et je ne parle pas là de religion). Comme l'explique bien le théologien Claude Tresmontant, l'homo-sapiens est appelé à une transformation, dernière étape de l'évolution, une métamorphose, une transfiguration, par un processus de mort-résurrection, afin de devenir un second type d'humanité, rempli d'une vie nouvelle, différente, divine. Un homo-spiritus.
Alors, s'élever, oui, dans une aristocratie spirituelle, mais s'élever, non point pour tourner vainement sur soi-même mais jusqu'au point où il n'y aura pas plus haut à atteindre, la vie divine, l'union avec Dieu.