mercredi 20 avril 2022

Des nuages continents.

Des nuages continents,  

Tel des cartes au dessus de nos têtes,   

En voyage indolents,   

Se réjouissent en silencieuses fêtes.

mardi 19 avril 2022

La Cigale n'a pas dit son dernier mot (et autres histoires jeunesse).


Après avoir mis en ligne deux ebook ("Résonances fragmentées" sur le thème de la souffrance et "Bienvenue en Hippolie" sur le thème de la démocratie), en voici un troisième : "La Cigale n'a pas dit son dernier mot (et autres contes)". Il s'agit là de cinq récits pour enfants de six à huit ans : 
La Cigale n'a pas dit son dernier mot, Boulotte la marmotte, Le plus petit samouraï du monde, Le lit merveilleux et Tête de vache : 


Prochain ebook en préparation : "La planète endormie", une nouvelle de science-fiction sur la première rencontre extra-terrestre de l'histoire de l'humanité.


lundi 18 avril 2022

L'enjeu du salaire (1)

J'ai commencé la lecture de "L'enjeu du salaire" de Bernard Friot ces jours-ci. Cela m'a inspiré cette réflexion...

Sur la base de la déclaration des droits de l'Homme, il devrait être interdit - et cela devrait faire explicitement parti de la Constitution du pays - il devrait être interdit de faire du profit financier sur le travail d'autrui. Ainsi, une entreprise qui ferait un ou deux millions de bénéfice sur une année devrait être obligé par la loi de répartir ce bénéfice à part égal ou proportionnel (aux responsabilités, aux risques) entre tout les salariés étant donné que ce bénéfice est le fruit de leur travail, ce fruit leur revient donc de droit. 

samedi 5 mars 2022

Le jour où je dirai mon dernier mot.

Il y a bien un jour où je dirais mon dernier mot. Mais quel jour ? Quel âge aurais-je ? Serais-je vieux, très vieux ? Cheveux blanc, ridé, alité, amaigri, à tousser, ne pouvant plus marcher, mes articulations me faisant mal ? Tout ce qui m'aura préoccupé durant toute ma vie se sera alors évanoui et n'aura plus d'importance. A quoi penserais-je durant ces derniers jours ? Que ressentirais-je ? Je dirais mon dernier mot, mais lequel ? « J'aimerais encore boire un café ? », « Il fait bien beau aujourd'hui. », «Si je pouvais revoir la mer une dernière fois. », « Je n'ai plus la force de faire un dernier dessin », « J'ai aimé dessiner », « Est-ce que tout ce que j'ai fait à servi à quelque chose ? », « Heureusement que tu m'as aimé. », « Je veux bien partir mais je ne veux pas te quitter, et surtout pas te laisser seule. Qui va s'occuper de toi quand je ne serais plus là ? De qui pourras-tu t'occuper après moi ? », « J'ai froid », « Peux-tu éteindre la lumière ? ». Aurais-je toujours l'envie de commencer un dernier roman ? Cela aura-t-il encore un quelconque intérêt ? Aurais-je encore du bonheur à regarder un tableau de Monet ou un dessin de Nicolas de Crécy ? Quel dernier mot et quel dernier regards poserais-je sur le monde. 

Il y a un jour où je dirais mon dernier mot. Sera-t-il un résumé de tout ce que j'ai vécu ? Une conclusion ? Sera-t-il lourd de mes illusions, de mes déceptions ? Sera-t-il un écho à toutes mes joies ? Avant de dire mon dernier mot, je me souviendrais peut-être des moments de ma vie, dans les tiroirs de ma mémoire, j'y sélectionnerais les plus heureux, les plus émouvants, les colorés, les joyeux. Si je peux, si je m'en souviens, si j'en ai la force. Ma mémoire n'a pas tout retenu, il me manque des morceaux, et peut-être qu'arrivé là, elle sera pleine de trous. Je devrais laisser mes regrets, tout ce que j'aurais voulu faire et que je n'ai pas pu, tout ce que j'aurais voulu ne pas faire, ne pas dire et que je n'ai pas su. Enfin, je pourrais laisser les blessures et les peines qui m'ont accompagnées, les laisser être enterrées et enfin oubliées. Plus personne dans ce monde n'y pensera. Je dirais mon dernier mot, mais sur quel ton ? Celui de la satisfaction du chemin parcouru ? Des progrès accompli ? Ou celui de la tristesse dont je n'ai jamais totalement pu me débarrasser ? Ou la joie j'espère, la joie enfin, d'avoir vécu, de ne pas avoir été écrasé ? Ou la paix, tout est bien comme ça, j'ai fait ce que j'ai pu, j'aurais pu faire mieux, j'aurais pu faire plus, j'aurais du. Plus ou mieux, est-ce vraiment important ? Quels sont les derniers mots que j'aimerais prononcer ? Qu'y a-t-il de plus important finalement ? Je devrais peut-être les écrire bien avant que le dernier jour vienne... « J'ai été aimé et maintenant tout peut commencer. », « Merci d'être encore là, près de moi, je pars, mais je ne t'abandonne pas », « Au revoir, à tout-à-l'heure ».


Autres textes 

Sur ce blog = Le jour où l'on m'a parlé de Rickey (sur l'amour et la peine de mort), Le jour où je suis allé sur la tombe de Géronimo (sur l'Oklahoma, sur la guerre).

Sur Amazon = "Résonances fragmentées" (sur la peine et l'espérance) et "Bienvenue en Hippolie" (sur la démocratie).

mardi 22 février 2022

Le jour où l'on m'a parlé de Rickey.

  J'ai rencontré pour la première fois Danièle et René à Montpellier, au Fitzpatrick, un pub irlandais que j'aimais bien. J'y allais presque chaque jour pour prendre mon café et bouquiner au calme, l'après-midi, quand il n'y avait presque personne. J'y jouais aussi régulièrement aux échecs avec John, un auteur de BD norvégien qui vit en France. J'appréciais beaucoup le Fitzpatrick et son frère jumeau, « O'Carolans », un autre Pub irlandais de la ville. J'aimais son décor chaleureux, tout de bois vêtu, couvert d'objets anciens, variés et pittoresques, son grand calme alors que le soir, bière et rugby coulaient à flots enflammés. C'est là que j'ai donné rendez-vous à Danièle et René. Cela les a surpris, ils ne semblaient pas habitués à ce genre d'endroit, ils étaient plus âgés que moi. Ils m'avaient tout d'abord invité chez eux, mais il me semblait mieux de faire connaissance dans un lieu public, un lieu que je connaissais, où je me sentais à mon aise. Je ne sais plus comment ils m'avaient contactés, surement par internet, ils désiraient me rencontrer parce que j'étais dessinateur de BD, ils cherchaient un dessinateur, un scénariste, pour un projet particulier, un projet très important pour eux. Ils voulaient raconter une histoire exceptionnelle et bouleversante, celle de leur rencontre et de leur cheminement avec Rickey, un homme noir américain, accusé de meurtre, condamné à la peine de mort et exécuté au Texas en Avril 2013 à Huntsville. 


Danièle et René étaient un couple charmant, émouvant, plein d'affection mutuelle, des gens doux, délicats, attentionnés, sensibles à la souffrance des autres et particulièrement engagés et actifs. Après ce premier rendez-vous, je suis allé plusieurs fois chez eux, leur environnement était à leur image, chaleureux, paisible, plein de fleurs et de couleurs. Ils m'ont offert les livres que Danièle a écrit sur leur relation avec Rickey. Quelques années plus tard, René est mort d'un cancer, Danièle a continuée le chemin seule, sans son amour et son soutien, elle a aussi écrit sur ce déchirement, sur ce départ. Nous nous sommes souvent vu, nous avons partagé au-delà de l'histoire de Rickey un sentiment palpable de bienveillance, un parfum de bonté, une espérance de pardon et de guérison. Puis j'ai déménagé sur la Côte d'Azur et je les ai perdu de vue, tel la comète qui passe, s'éloigne et n'amasse pas grande mousse mais emporte avec elle quelques poussières d'étoiles, des miettes de rencontres qui brillent longtemps au fond de soi. J'ai été profondément ému par l'histoire de Rickey comme je l'ai été par les cœurs de Danièle et de René. J'étais impressionné par ce qu'ils m'ont appris sur cette vie, je me suis investi dans leur projet avec enthousiasme, j'y ai travaillé quelques mois, sur le scénario et sur les dessins. Le projet bouclé, je n'ai pas réussi à convaincre un éditeur de le signer pour que le livre soit publié. J'en fus déçu, j'en étais désolé et Danièle et René tout autant, sûrement davantage. Je n'étais peut-être pas le bon auteur pour ce projet, graphiquement et techniquement en tout cas, il méritait mieux, mais j'y ai mis tout mon cœur, sensible comme je l'étais à la souffrance des autres.


Rickey était un jeune enfant noir de quartiers pauvres des U.S.A. Elevé dans la violence, dans le manque d'amour, dans l'abus, violé par son père et par son oncle, embrigadé dans des cambriolages dès son plus jeune âge, son avenir était brisé dès le début, sa courbe infléchie vers la peine et le désarroi, vers la violence et la mort. Un soir, un couple rentre chez lui et découvre dans sa maison un gang en plein cambriolage. L'homme est tué, la femme violée, Rickey est l'un d'eux. Il sera le seul qu'on arrêtera, il n'est pas le seul coupable mais le seul qui paiera pour ce crime atroce. Il n'est pas innocent, contrairement au personnage du film de Joseph Sargent « Dites-leur que je suis un homme », et c'est ce qui m'a particulièrement intéressé dans cette histoire, outre l'attachement de deux français que tout éloignait d'un condamné à mort américain, tout sauf la compassion. On réagit promptement pour défendre un innocent, en masse, à juste titre et heureusement, mais comment traite-t-on les coupables dans nos sociétés occidentales civilisées ? Et comment devrions-nous les traiter ? Voilà des questions qui doivent être posées et réfléchies. Après le crime, Rickey est retrouvé, arrêté et condamné à la peine de mort toujours en vigueur au Texas. De l'autre côté de l'Atlantique, Danièle et René entreprennent d'écrire à des détenus pour leur apporter une écoute, un encouragement, un soutien dans leur isolement. Parmi ces détenus, Rickey. Une correspondance se met en place, se développe alors entre eux puis un attachement voit le jour dans les cœurs et grandit. Danièle et René sont bouleversé par les lettres de cet homme perdu et enfermé dans lesquelles ils découvrent le vécu et la souffrance. Ils décident de le rencontrer et se rendent au Texas, à la prison où sont détenus les criminels en attente de leur exécution, Polunsky Unit. Ils s'y rendront chaque année pendant dix ans pour le voir, toujours au travers d'une vitre de sécurité. Ils rencontrent un homme doux, humble et intellectuellement simple et limité. Les liens affectifs s'approfondiront entre eux et Rickey s'attachera tellement qu'il finira par les considérer comme ses parents. En France, Danièle et René récolteront des fonds pour payer un nouvel avocat afin de ré-examiner le dossier de Rickey et lui donner une peut-être une chance de survie. Ces démarches reculeront l'exécution et permettront qu'on fasse passer à Rickey des examens de Q.I. Ces tests révèleront un chiffre proche de 70, bien en dessous de la moyenne mais pas suffisamment bas pour éviter l'exécution. 


Vingt ans après son crime, Rickey n'était plus le même homme. Bien sûr, ce qu'il a fait est une horreur, ce à quoi il a participé est inexcusable, humainement impardonnable. Toute la difficulté pour moi était de parler de la souffrance d'un homme, de son enfance qui ne lui a laissé aucune chance de vivre normalement, de son traitement en prison, de son changement intérieur, tout en gardant devant mes yeux l'horreur de ce que cette femme a vécu, victime de l'agression de ces voyous, comment elle a perdu son mari, comment sa vie fut brisée. A Polunsky Unit, Rickey attendra vingt années son exécution, vingt ans qu'il passera dans une cellule de trois mètres sur deux, vingt-trois heures sur vingt-quatre, jour après jour, surveillé en permanence par les gardiens. J'ai du mal à m'imaginer... Comment peut-on vivre dans une pièce de trois mètres sur deux pendant vingt ans, sans sortir, si ce n'est dans une autre pièce, toujours seul, pour faire un tour de marche, une heure par jour ? Durant vingt longues années. N'est-ce pas là une torture ? N'est-ce pas une peine déjà suffisante pour le crime commis ? Y a-t-il jamais une peine suffisante, à la hauteur de la douleur des victimes ? Je pose simplement la question, sans en connaître la réponse. Peut-on seulement poser la question sans déchaîner les passions ? Peut-on encore poser des questions dans nos tours de convictions ? Si nous faisons le choix d'être une société civilisée, alors, il faut l'être aussi dans notre manière de traiter les criminels. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur leurs crimes, ni de les minimiser, ni de mépriser la souffrance des victimes mais de traiter ces hommes comme on aimerait être traité soi-même. Et surtout, si nous condamnons leurs crimes, nous ne pouvons les pratiquer à notre tour, même sur un criminel. Si nous condamnons le criminel, nous devons nous comporter mieux que lui, même envers lui. Où se trouve la limite entre vengeance et justice ? Ne peut-on pas aider un criminel à devenir un autre homme ? Croit-on au changement possible d'un être ? N'est-ce pas le devoir d'une société civilisée, n'est-ce pas son avenir ? La maltraitance des uns entraîne la maltraitance des autres et la souffrance de tous, dans une chaîne sans fin. 


Enfant battu, élevé par des parents alcooliques, violé, nourri de violence et de vols, Rickey découvre la compassion, l'amour et la douceur à la fin de sa vie, dans le couloir de la mort au travers de l'affection d'un couple de français venu d'un autre bout du monde, d'une autre culture, d'un autre niveau social. Dans sa cellule, Rickey regardait des livres de photos de chevaux courant librement dans les grands espaces, « Je serai comme un mustang, libre dans le vent. » disait-il. Enfermé jeune pour un crime qu'il a commis, il a mûri en prison où il a pris conscience de ses actes, regretté ce qu'il a fait, changé son cœur et ses sentiments pour le autres. Peut-être n'avait-il pas le choix diront certains, peut-être l'avait-il en fait.


Tout recours légaux épuisé, le jour de la sentence fixée, Danièle et René sont allé assister à l'exécution de leur paisible Rickey. Dans la Death Chamber, ils ont l'autorisation de pleurer mais pas de crier, derrière une vitre, ils peuvent le voir mais pas le toucher. Il aurait tant eu besoin qu'on lui tienne la main à ce moment là. Comme cela doit être déchirant de voir quelqu'un pour qui on a de l'affection être exécuté, sans pouvoir le prendre dans ses bras, sans pouvoir lui dire quelques mots de soutien. Une exécution froide et méthodique, une exécution administrative, devant les gardiens et les victimes du crime commis, devant ceux qui ont remplacé sa famille détruite. Une exécution technique, par intraveineuse, sans débordement, sans émotion violente, sans haine, sans cri. Les employés qui l'exécutent ne le haïssent même pas. Quel contraste avec les lynchages à l'Arbre aux pendus que Danièle et René ont visité au Texas durant l'un de leurs séjours, où on tuait les noirs et les voleurs de chevaux du siècle dernier dans la rage, la fureur et les hurlements. Pour Rickey, c'est une mort froide, calme et organisée. Rickey a le droit de dire ses derniers mots. A la victime il dira : « Je suis désolé de ce qui vous est arrivé... Je suis désolé de ce que vous avez subi... » puis à Dieu : « Je demande à mon Lord qui est bon de me pardonner. Je remercie mon Lord d'avoir fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui. J'ai fait du mieux que j'ai pu pour apprendre à lire et à écrire. » Puis à Danièle et René : « Mom', Dad', merci pour l'amour que vous m'avez donné. ». Et dans un dernier soupir il criera « Esperanza! ». Il s'éteindra après de longues minutes d'agonie. 


Danièle et René obtiendront de l'administration américaine l'adoption officiel et la réception des cendres après l'incinération. Rickey ne voulait pas être enterré dans la prison comme le sont nombre de condamnés sans famille, il ne voulait pas rester là pour toujours. Après l'exécution, Danièle et René retrouvent le corps de Rickey dans une église de Huntsville. Pour la première fois, ils peuvent lui tenir la main : « Va vers ton enciellement, mon petit. » lui dit Danièle « Tu es libre maintenant. Tu es libre, enfin. ». Sorti de l'enfer, il entre en paix.


Danièle écrira : « Je me souviens de toutes tes tortures. Depuis ta boîte de 6m2 tu as bouleversé le monde. Je ne veux pas me battre contre les texans, non... contre personne, nous avons seulement à nous parler. Que s'est-il passé pour qu'un inconnu bouleverse autant nos vies ? La personne la plus étrangère qu'il nous ait été donné de rencontrer. Nous avons été sa famille imaginaire. Reste ce goût amer : Voir un homme mourir devant moi sans pouvoir l'aider. Rickey a donné à notre vie un autre sens, une autre direction. Il a fait exploser toutes nos certitudes sur ce monde. Nous avons appris à aimer sans condition. Je ne serai plus jamais la même ». De l'histoire de Danièle et René, il me restera cette phrase de Rickey : « J'ai dû attendre de me trouver dans le couloir de la mort pour être enfin aimé ».


Prochain texte = Le jour où je me suis approché de Fukushima. 

Autre texte sur ce blog = Le jour où je suis allé sur la tombe de Géronimo. 

Autres textes sur Amazon = "Résonances fragmentées" et "Bienvenue en Hippolie, une autre démocratie" et "La cigale n'a pas dit son dernier mot" (textes jeunesse pour les 6-8 ans).

vendredi 28 janvier 2022

"Les chasseurs d'or" de J. O. Curwood

 

Le XIXe siècle, le Nord, le grand Nord canadien, les grands espaces sauvages, vides d'hommes, les lacs, les rivières, les forêts, les élans, les caribous, les ours, les loups et le trio d'aventuriers, Rod, Wabi et Mukoki l'indien, à la recherche de la mine d'or de John Ball, le fou aux balles d'or (qui a du inspirer Jean-Michel Charlier pour une aventure du lieutenant Blueberry). Ce roman au souffle frais est un vrai régal, les évènements s'y enchaînent avec rythme, les personnages y sont touchants, pleins d'humanité, d'honneur et de courage. Il fait suite aux "Chasseurs de loups" du même James Curwood, avec les mêmes héros et la jeune indienne Minetaki. On rêverait d'une grande et belle adaptation au cinéma.

mercredi 12 janvier 2022

Le jour où je suis allé sur la tombe de Géronimo.


   C'était aux Etats-Unis, en Oklahoma, mon ami Hall, un illustrateur américain qui parlait un peu français et qui était d'une gentillesse immense comme le grand canyon, m'avait pris chez lui et conduit dans une longue balade sur les routes de sa région du monde. Nous avions fait un passage sur la mythique Road 66 qui part de Chicago pour s'arrêter en Californie. Les Etats-Unis me font toujours rêver. Les déserts les montagnes, les rochers arides immenses, les hauts buildings, les larges avenues, les longues voitures, les bus jaunes, le drapeau étoilé qui flotte un peu partout. Et la campagne, et les ranchs, et les chevaux, et les bisons, et les chapeaux, l'espace partout. Le souvenir des films et des séries télé de mon enfance reste vivant, Starsky et Hutch, Dallas, La petite maison dans la prairie, Steve McQueen. Et bien sûr, et surtout, les western, , Charles Bronson, John Wayne, Kirk Douglas, Robert Mitchum, les forts, les pantalons bleu et jaune, les gants blanc, le clairon, l'armée dans l'ouest, les indiens, les chevauchées, les colts... Le cinéma m'a fait aimé ce que je n'ai jamais vécu. J'étais heureux comme un gosse, le jour où j'ai assisté à un vrai rodéo, lors d'un autre voyage, en Indiana cette fois, sur des chevaux, sur des boeufs énervés, de vrais cow-boys, les yeux émerveillés. C'était dans une foire agricole. J'y ai vu une magnifique selle en cuir, typique, superbe travail d'artisan, des bijoux indiens, j'y ai essayé un beau chapeau « made in China ». J'en achèterai un autre ailleurs, « Made in Houston, Texas » cette fois.


Mon ami Hall avait écrit et illustré un livre sur la route 66 qu'il m'avait offert, « Emma doesn't want to race today ! She's in love with Route 66 ! », l'histoire d'un pigeon voyageur qui faisait des escales tout le long. Sur les routes d'Oklahoma, nous avons roulé des dizaines de kilomètres, route droite et champs de maïs à perte de vue. Route longue, monotone, parsemée d'une ferme rouge de temps en temps ou d'un derrick puisant le pétrole en faisant « oui » de la tête, inlassablement. Nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant classique où nous avons mangé un excellent hamburger avec une bonne viande, bien cuite. Avec la joie d'être là, je regardais passer les Harley et les Trucks aux chromes scintillants. Hall était âgé, très âgé, c'était un vétéran de la seconde guerre mondiale. A 18 ans, il avait mis les pieds en France, il avait fait le célèbre débarquement de Normandie dans mon pays. Nous nous sommes arrêté à un monument aux morts, souvenir rendu à ces jeunes tombés sur les plages du Nord de la France, qui n'ont pas eu le temps de voir Paris. Ces jeunes qui avaient tout une vie devant eux, des rêves, des désirs, des envies, des copines, des projets, une vie à eux, bien à eux, qu'eux seuls pouvaient vivre. Ces jeunes tombés, par milliers, fauchés par la folie et la barbarie de quelques égoïstes mégalomanes. Quand j'ai demandé à Hall comment c'était la guerre, il m'a simplement répondu que ce n'était pas comme dans les films. Il n'en a pas dit plus. Savoir quelque chose, c'est le vivre. Je ne saurai jamais la guerre. Heureusement. La cruauté des uns détruit la vie des autres. Hall fut blessé assez vite au débarquement et rapatrié à Londres. Les trois-quarts de son régiment ne sont pas rentrés chez eux. Je pense à tous ces parents endeuillés, brisés, à toutes ces fiancées qui se retrouvaient seules. Je pense à toutes ces choses belles et formidables qu'auraient pu faire ces hommes au cours de leur vie, ce qu'ils auraient pu inventer, découvrir, bâtir, offrir au monde. Je pense aux générations qu'ils auraient pu faire naître et à tout ce que ces générations auraient pu faire. Des médecins, des pompiers, des écrivains, des découvreurs, des musiciens, des acteurs que nous ne verrons jamais. On ne mesure pas tout ce dont une guerre nous prive. Le monde est lacéré, blessé de tant de perte, de tant de gâchis. Hall est très âgé maintenant, et toujours motivé, passionné, content, il déborde d'énergie. Il est un exemple de force et de vie pour moi. Quelle chance de l'avoir rencontré. 


Oklahoma. Road. Hall m'emmène en haut d'une colline où on trouve tout du long d'énormes rochers ronds. Paysage de western. Nous avons traversé des territoires indiens. Nous nous sommes arrêtés dans un musée consacré à l'histoire d'une tribu. Je ne savais pas qu'il y avait autant de tribus indiennes dans le Nord de l'Amérique, des dizaines, la plupart aux noms qui me sont inconnus. Dans ce musée, un village en bois est reconstitué à l'identique et à l'échelle véritable, sur un grand terrain. Tous les indiens n'étaient pas nomades, il y avait d'autres types d'habitations que les tipis de peaux, des maisons en bois, des maisons en terre. Le cinéma nous donne une image du monde, sur tous les sujets dont il parle. Une image sélectionnée, partielle, hypertrophiée, un gros plan dans la lumière pour le besoin du spectacle. Il y a la réalité et le spectacle, le monde et le spectacle, la vie et le spectacle, le vécu et le représenté, fixé, caricaturé, un gros plan qui prend toute la place dans nos mémoires et nos imaginations. Un détail qui efface tous les autres. Le cinéma est puissant.


Dans un autre musée, à Oklahoma City, toute la vie de l'Ouest américain y est représentée. J'y ai vu des sculptures en bronze sublimes représentant des indiens, des peintures superbes de l'époque de la conquête, un puma immense en marbre blanc dans le hall, des chariots, des vêtements, des ustensiles et dans une grande vitrine, plaisir de gosse, les effets personnels de John Wayne, lègue de sa famille. Armes, chapeaux et le bandeau de True grit. Tout cela émerveille le gamin que je suis resté et m'impressionne beaucoup. J'aime particulièrement les sculptures que je dévore des yeux. Comme j'aimerais y retourner et y passer plus de temps, seul. Sur la route avec Hall, nous croisons des bisons. D'abord, de loin, j'aperçois un troupeau dans la prairie qu'on longe, puis, juste au bord de la route, un bison, massif et magnifique, paisible comme les vaches chez nous. Les voitures ralentissent, les passagers prennent des photos, le bison ne bronche pas. Il est majestueux. Nous continuons, nous nous arrêtons dans un autre musée, sur la faune et la flore de la région. J'y dessine le croquis rapide d'un bison empaillé, deux indiens passent et l'un d'eux regarde mon dessin, ravi, l'autre évite et s'éloigne. Nous reprenons la route et faisons une étape particulière à laquelle je ne m'attendais pas, on s'arrête à un check point militaire. Hall présente sa carte de vétéran de la Seconde Guerre mondiale. On nous laisse passer. Nous entrons sur une base militaire de l'U.S. Army. On va d'abord y voir les restes d'un vieux fort du XIXe siècle, les ruines, quelques murs de pierres ridées. Ici, il y avait une garnison. Impressionnant. Ce lieu est parfumé du passé et des films dont l'écho résonne en moi. Un témoignage de l'histoire. Un vrai fort de la cavalerie. Je salue le lieutenant Blueberry - « Fort Navajo » de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, ainsi que John Wayne et Henry Fonda - « Massacre à Fort Apache » de John Ford. On s'éloigne un peu des habitations. On gare la voiture. Des arbres, des herbes sauvages, à l'écart, isolé, un cimetière. Un cimetière très ancien, du XIXe siècle. Un cimetière de prisonniers de guerre, des guerres indiennes. Hall me montre une tombe, décorée d'une pyramide de pierres ocres et rondes empilées les unes sur les autres, un monticule typique de la région si j'ai bien compris. C'est la tombe de Geronimo, le célèbre chef et guerrier Apachi. Géronimo, dit « Celui qui baille », né en 1829 au Nouveau-Mexique et mort prisonnier ici, à Fort Sill, Oklahoma, en 1909. Géronimo qui s'est battu pour les droits et la liberté de son peuple. Trente-six ans après sa mort, ses ennemis se battront pour la libération du mien. A côté de sa tombe, se trouve celle de sa fille. Je suis sur la tombe de Géronimo l'Apachi. Silence. 


Prochain texte = Le jour où l'on m'a parlé de Rickey.

Autres textes sur Amazon = "Résonances fragmentées" et "Bienvenue en Hippolie, une autre démocratie" et "La cigale n'a pas dit son dernier mot" (textes jeunesse pour les 6-8 ans).

jeudi 6 janvier 2022

mercredi 5 janvier 2022

Passionnant

 Passionnant cette conférence d'Idriss Aberkane sur l'intelligence humaine.




mercredi 29 septembre 2021

Résonances fragmentées


 Je me lance, j'ai posté une première publication numérique sur Amazon, par Kindle Direct Publishing : "Résonances fragmentées". Il s'agit de deux textes courts, l'un sur la souffrance, l'autre est une fiction sur une personne qu'on vient arrêter en 1945. Je travaille sur d'autres projets de textes à publier dans ce format, notamment deux recueils de textes jeunesse : 
Résonances fragmentées.

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Autres ebook en vente : 
La planète endormie (nouvelle de science-fiction).
Bienvenue en Hippolie (sur la démocratie).

mardi 8 juin 2021

"Moments extraordinaires sous faux applaudissements" de Gipi.


Moments extraordinaires sous faux applaudissements. 

De Gipi aux éditions Futuropolis, 2019.


A mon sens, Gipi est un des plus grands auteurs de bande dessinée du moment. Il m'avait particulièrement impressionné par une histoire courte de 32 pages parue dans "Extérieur nuit" aux éditions Vertige Graphic, en 2005 intitulée "Muttererde". Ce petit récit fulgurant racontait avec force, tant graphique que narrative, le désarrois de quelques réfugiées clandestins découverts sur un cargo en pleine mer. Un récit sombre et poignant. 

Ensuite, du même auteur j'ai lu "La terre des fils", aux éditions Futuropolis, 2017, dans lequel j'ai retrouvé cette puissance narrative. Un récit terrible, post-apocalyptique, dans lequel on va toucher au plus profond besoin de l'Humain, être aimé, tout en s'écorchant jusqu'au sang. 

Enfin, voici "Moments extraordinaires sous faux applaudissements"... une bande dessinée de 150 pages qui touche au coeur avec brio, tout en finesse et en douceur. Toujours servi par un dessin magistral et efficace, tissé d'une narration originale et créative, l'auteur parle du moment où l'on perd sa maman, des souvenirs qui en découlent et des interprétations de ces souvenirs. Superbe et émouvant.


lundi 15 mars 2021

Des nouvelles d'H.G. Wells

On connaît bien les grands romans d'H.G. Wells, 'La guerre des mondes", "L'homme invisible", "La machine a remonter le temps" dont il y a eu plusieurs adaptations au cinema, des récits fondateurs qui ont inspirés bien des artistes de cinéma, des écrivains et des scénaristes de bande-dessinées. J'ai découvert avec bonheur les nouvelles de ce grand auteur de science-fiction et de fantastique qui sont un régal d'imagination et d'écriture... comme "La porte dans le mur", L'oeuf de cristal", "Le bazar magique", "Le nouvel accélérateur"... H.G. Wells était prodigieux.

vendredi 26 février 2021

Le vieil homme et la mer

 

Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway. 

Un bonheur de lecture qui se dévore comme souffle le vent dans cette histoire touchante. Bercée par la houle, on y voit le grand large, on y sent le sel et l'on entend les vagues. On y touche la tendresse, la peine et l'affection. Très ému par les pleurs du petit garçon à la fin. 

"Quand on est vieux, on ne devrait pas être seul." 

"L'homme n'est pas fait pour être vaincu."

"La pêche me tue autant qu'elle me garde en vie."

lundi 28 décembre 2020

Vivre plus simplement

 

"Vivre la simplicité volontaire" aux éditions L'échapée, un recueil de 300 pages de témoignages, d'interview, de personnes désirant vivre plus simplement, en consommant moins, sans téléphone portable, sans voiture, sans télévision, parfois sans internet, parfois même sans frigo. Certains vivant dans de grandes villes comme Paris ou Lyon, d'autres à la campagne, à la montagne ou dans de petites villes. Dépensant moins donc travaillant moins pour gagner en qualité de vie et en temps de relation, faisant beaucoup de vélo, parfois militants, parfois se tenant simplement à l'écart d'une société de consommation envahissante pour vivre moins pressé, moins stressé. 
Des témoignages intéressants qui nous encouragent à nous demander comment nous pourrions vivre mieux avec moins et si nous avons vraiment besoin de tout ce qu'on achète. 

lundi 9 novembre 2020

Principes de gouvernement, démocratie où es-tu ?



J'ai commencé la lecture d'un livre très intéressant, "Principes du gouvernement représentatif" de Bernard Manin. Le premier chapitre explique le fonctionnement de la démocratie à Athènes dans l'Antiquité, puis les gouvernements de Rome, de Florence, de Venise puis l'Angleterre, la France, les Etats-Unis, le triomphe du principe de l'élection et d'autres voies possibles. A Athènes, ils avaient mis en place une institution géniale, un tribunal qui devait examiner si les décisions de l'Assemblée étaient conforme au bien de tous. Dans le cas contraire, ce tribunal avait le pouvoir d'annuler la décision de l'Assemblée. Ce tribunal était constitué de personnes tirées au sort, comme nos jury de tribunaux actuels, cela ne pouvait donc pas être des élus, des professionnels de la politique, des membres de partis, des gens aux intérêts privés. Récemment, en France, les élus de l'Assemblée nationale ont voté, pas tous mais une majorité, pour l'emploi de tel ou tel pesticide dans l'agriculture. Le tribunal d'Athènes dont je parle aurait peut-être annulé ce choix pour le bien de la population. Quel pouvoir avons-nous aujourd'hui entre nos mains pour décider de ce qui concerne nos vies ?

J'ai du attendre d'avoir cinquante ans pour prendre conscience que nous ne sommes pas en démocratie en France aujourd'hui. Comme la plupart, je croyais, sans y avoir jamais réfléchi, que pouvoir voter nous plaçait dans une société démocratique. Mais voter pour un chef qui, une fois élu, peut faire ce qu'il veut, sans contrainte ni redevabilité, sans contrôle de la population, ce n'est finalement pas une démocratie mais plutôt une sorte d'aristocratie élective. Prenez les élections présidentielles... Les candidats doivent obtenir 500 signatures d'élus pour pouvoir se présenter, ce sont donc les élus qui choisissent qui à le droit de se présenter, le choix du peuple n'apparaît qu'après leur choix fait. Je peux pas voter pour qui je veux mais pour qui on me propose, ça n'a rien de démocratique. Une fois un candidat élu, il peut faire ce qu'il veut, y compris le contraire de son programme ou de son discours pré-électoral, la population que nous sommes n'ayant aucun pouvoir pour l'arrêter ou le destituer si il fait passer des lois injustes ou inégales, des lois qui peuvent plonger des milliers de gens dans la pauvreté par exemple. Si tout est entre les mains des élus, en quoi est-ce démocratique ? N'est-ce pas plutôt là une autre forme d'aristocratie ? Une aristocratie moderne. 

Je vous conseille ce livre passionnant.

mardi 29 septembre 2020

Une idée de loi.

Une idée de loi... Et si on instituait une nouvelle sorte de SMIC, proportionnel aux bénéfices des entreprises... Les PME-PMI seraient obligées de payer le SMIC actuel, comme elle le font aujourd'hui, mais les entreprises plus importantes, celles qui font d'importants bénéfices seraient obligées d'appliquer un SMIC plus élevé pour tous les employés. On peut aussi envisager un SMIC plus ou moins élevé suivant le coût de la vie des régions où sont situés les entreprises. Il y a surement bien d'autres idées à trouver pour améliorer nos systèmes et répartir les richesses de manière plus équitable. 

vendredi 11 septembre 2020

En lecture en ce moment, "La vie renaitra de la nuit" de Martin Gray.


Où Miétek, dit Martin Gray, conte la souffrance et le désarroi après avoir perdu sa femme et ses enfants dans l'incendie de leur maison au Tanneron, sur la Côte d'Azur, comment il a rencontré Max Gallo, comment il ont écrit son livre le plus célèbre, ses souvenirs du guetto de Varsovie et du camp de Treblinka, comment ce livre fut reçu, accueilli et méprisé, comment des journalistes l'ont calomnié, comment les lecteurs ont été bouleversé.

mercredi 29 juillet 2020

Un jour, je devrais écrire un livre qui s'intitule "Comment j'a appris à aimer les cactus".

"Si on me touche, je n'existe plus" de Donna Williams


En lecture en ce moment "Si on me touche, je n'existe plus.", le témoignage poignant de Donna Williams, autiste violentée, battue, laissée seule avec ses handicaps, son désarroi, son incapacité à communiquer normalement avec le monde, avec sa souffrance, sans aide ni défense, jusqu'au jour où elle rencontre une psychiatre de l'Hôpital où on une femme l'a conduit après qu'elle se soit ouverte les veines. Donna raconte comment elle a vécu ces années de maltraitance, de coups, de rejet, de moquerie, d'incompréhension, d'incapacité à s'adaptée au monde et aux relations, elle raconte comment elle a vu tout cela de l'intérieur. 

Un livre bouleversant qui nous aide à mieux comprendre le fonctionnement des personnes autistes et à prendre conscience de la maltraitance que subissent certains enfants. Je me demande comment il est possible qu'aucun adulte, pendant des années,  n'ait réalisé le cauchemar que vivait cette petite fille et n'ait pas fait tout son possible pour la sortir de là, ça brise le coeur. 

Ce qui me touche particulièrement dans ce type de récit, de vécu, c'est d'une part la souffrance et d'autre part la différence - différence de comportement, de pensées, de propos, d'attitude, de choix, et l'incompréhension que cela suscite, les mauvaises interprétations que cela génèrent chez les autres. Comme on peut comprendre l'autre de travers...

"L'île mystérieuse" de Jules Vernes


Fini la lecture de "L'île mystérieuse" de Jules Vernes. Quatre hommes et un adolescent s'échappent en Montgolfière d'un camp de prisonnier de la guerre de sécession. Emporté par une tempête gigantesque, perdant tout ce qu'ils avaient emporté avec eux, ils échouent dans le pacifique sur une île inconnue contenant toutes les richesses animales, végétales et minérales dont ils ont besoin pour survivre et même se développer largement. Ils retrouvent peu à peu le confort de la civilisation grâce aux connaissances et au savoir faire de l'ingénieur Cyrus Smith qui organisent la vie du groupe, chacun étant particulièrement dévoué à toutes les tâches nécessaires à l'installation, la protection et la survie. Jules Vernes décrit avec une précision étonnante comment les naufragés vont s'y prendre pour fabriquer du fer, de la nitro-glycérine, des briques, etc. Un récit qui m'a paru difficile dans ces débuts et passionnant à la fin, où l'on retrouve avec bonheur des personnages d'autres romans de Jules Vernes, "Les enfants du capitaine Grant" et "20 000 lieues sous les mers" - J'aime beaucoup cette idée de croiser des personnages en racontant d'autres moments de leur vie dans différentes aventures. 

samedi 20 juin 2020

Se pencher en avant

Il est fini le temps où je me penchais en avant, 
Il est fini le temps où je courrais après le vent. 
Voilà le bruissement d'un papillon. 

samedi 28 mars 2020

Après 2020

2050.
On se souvient du grand désastre de 2020 et des changements profonds qui en ont résulté. Nos sociétés occidentales en furent bouleversées et transformées, durablement et bénéfiquement.
Toute l'économie s'est effondrée en quelques mois. Pour éviter les conséquences dramatiques de cet effondrement, les politiques n'avaient qu'une solution et bon gré, mal gré, ils la choisir et la votèrent partout. Une épidémie de faillites et de licenciements avait commencé durant l'épidémie du tristement célèbre virus qu'on ne présente plus. Pour stopper ce cataclysme destructeur, les Etats décidèrent de lancer le salaire universel. Ils donnèrent un revenu permanent de 1500 euros par mois à tout citoyen, de la naissance à la mort. Par exemple, les restaurants et les bars, fermés pendant des semaines avaient vu leur chiffre d'affaire disparaître en fumée. Ce salaire permis aux employés de continuer leur travail, stoppant ainsi les licenciements. Les patrons ne payaient plus les salaires puisque ce rôle dépendait dorénavant de l'Etat et donc ne firent pas faillite. Les assurances n'avaient donc pas d'indemnité catastrophe à payer aux entreprises et ne firent donc pas faillite. Ces salaires à vie étant versé par les CAF sur les comptes bancaires, les banques ne firent pas faillite non plus. Chacun gagnant 1500 euros par mois, la consommation reparti très vite, le PIB remonta en flêche ce qui permit de continuer à payer le salaire à vie. Tous les investisseurs eurent une confiance restaurée et purent alors investir sans risques dans tous les domaines de la société. La spéculation boursière fut interdite et on instaura un mois de confinement par an pour faire respirer la nature et faire se souvenir les hommes.